Historique

Nous présentons ici un bref historique de la région acadienne du nord du comté d’Inverness, constituée des communautés de Chéticamp, Saint-Joseph-du-Moine et Margaree («Magré», disent les habitants du coin).
La fondation
À l’époque du régime français sur la côte est de l’Amérique du Nord, jusqu’en 1758, avec la chute de Louisbourg, il n’y avait pas d’établissement permanent dans la région de Chéticamp. Cependant, il faut souligner que, depuis de nombreuses années, les amérindiens Míkmaq visitaient régulièrement la région pendant leurs randonnées de chasse et de pêche, sans toutefois s’y établir pour de bon. D’ailleurs, c’est aux Míkmaq qu’on attribue l’origine du nom de «Chéticamp». Il parait que ce nom serait dérivé, suite à toute une série de déformations, de l’expression Míkmaw «Aotjatotj» (prononcée Aoutchadoutch), qui veut dire «rarement plein». On pense que cette expression faisait allusion au fait que l’entrée du havre se remplissait rarement de sable. [Pour plus de détails à ce sujet, voir Père Anselme Chiasson, Chéticamp: histoire et traditions acadiennes, Wreck Cove, Breton Books, 2003, page 6.]
De plus, on sait que, depuis longtemps, les Bretons et les Basques (de France) venaient pêcher le long de nos côtes et ils faisaient sécher leur morue ici. Toutefois, les premiers à établir un poste de pêche permanent sur l’Île de Chéticamp, furent les Robins (des commerçants de l’Île Jersey, dans la manche entre la France et l’Angleterre). C’était vers 1770. Les Chéticantains ont toujours appelé ces commerçants «les Jersais» (déformation de Jersiais), en raison de leur origine. À l’époque, ce poste était en opération surtout pendant l’été et l’automne. On venait d’aussi loin que l’Île-du-Prince-Édouard ou d’Arichat, de l’autre côté de l’Île de Cap-Breton, pour travailler ici durant la saison de pêche.
Ce n’est qu’en 1785 qu’un groupe d’Acadiens retournés de l’exil (Le Grand Dérangement des Acadiens) viendra s’établir à Chéticamp de façon permanente. En 1787, un deuxième contingent de pionniers viendra se joindre aux premiers arrivés. L’année suivante, un troisième groupe s’établira à Margaree.
En 1790, cinq ans après l’arrivée des premiers colons, quatorze chefs de famille de Chéticamp obtenaient au nom de tous les habitants une charte leur octroyant les titres pour 7000 acres de terre. Ils feront eux-mêmes la division de ces terres entre les quelque 26 familles qui habitaient alors Chéticamp. Enfin, pour la première fois depuis plus de 35 ans, ils se trouvaient sur des terres qui leur appartenaient. Les générations suivantes ont toujours référé à ces pétitionnaires de la charte de 1790 comme les «Quatorze Vieux», quoique leur âge moyen en 1790 n’était que de 47 ans.
Quelques années plus tard, la Province du Cap-Breton et celle de la Nouvelle-Écosse (à partir de 1820) commencèrent à octroyer des terres aux habitant acadiens dans les districts actuels de Grand-Étang, Saint-Joseph-du-Moine et Margaree..
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